Le fantome de Mathilde

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Ma mémé est la seule qui lorsque j’étais enfant, osait me donner de la tendresse.

J’aimais à passer du temps lors des vacances, seul avec elle dans cette vieille maison de campagne. On passait les soirées à parler…moi du haut de mes 8ans…elle me parlait de son enfance….j’aimais à lui brosser ses longs cheveux gris.

Ma mémé si tendre était pourtant l’enfer faite femme pour tout les autres, ses enfants, sa famille…son entourage.

Mais elle était pour moi l’équilibre et le seul nid d’amour de ma jeunesse…la douceur que je refusais aux autres, qu’on me refusait aussi car je ne savais pas parler…

Ma mémé était né en 1917 en Ardèche dans une famille bourgeoise désargentée de fois protestante, qui n’avait plus comme façon de se différencier des ouvriers que ses valeurs et sa morale.

Ainsi la jeune Mathilde n’avait jamais entendu personne lui dire je t’aime ou lui témoigner de la tendresse et encore moins de l’amour.

Lorsqu’elle à trouvé un homme qu’elle pensait aimer…elle avait fait le choix d’un apprenti mineur de fond…honte sur elle…sans argent le couple se résout à voir Mathilde travailler…

Pas n’importe quel emplois, elle sera sténo dactylo! mais humiliant pour sa famille…elle travail et son mari est ouvrier..même si très vite il deviendra grâce à son mérite ingénieur de sécurité et élèvera sa famille dans le confort bourgeois des années 60….humiliant donc…et ma grand mère verra tout les siens lui tourner le dos…

Et puis il y a eu les autres, qui parlent trop, tout le temps…qui plaignent mon grand père et oublis la douleur de mémé…comment pourrait elle leurs faire confiance…eux n’on jamais connu ces douleurs…alors elle en parlait à moi…loin de pouvoir tout comprendre à cette époque…comme si elle savait que plus tard je porterais les même cicatrices…

Ceux qu’elle pensait ne jamais avoir aimé, car elle ne savait pas ce que c’était…tous lui manque subitement…alors elle s’oublie…elle s’évade…Gin, Vin, Cognac…ma grand mère bois…

J’ai appris après sa mort ce travers…j’avais 15 ans quant sa fille m’en à parlé…j’ai nié, j’ai dis NON c’est pas vrai! car à moi ma mémé n’avait jamais montré son coté obscur même si je connaissait ses peines…moi ma mémé je l’aimais et je l’aime encore…ma mémé m’a protégé de ma soeur, de mes parents, des autres qui déjà blesse…comme si elle savait qu’ils seraient les violences que les siens ou été.

Et puis mémé à glissé dans la maladie…l’alzheimer…lentement, mais surement…la mémoire incohérente…La douleur silencieuse…puis la mort.

Mémé est morte un soir d’hiver…comme elle à vécu dans le froid…mémé est morte et ses mots me manques. Ma confidente…Mémé est morte est je ne lui ai jamais dit je t’aime…

Je sais maintenant que mes plaies sont de famille, que mes addictions sont peut être génétique et que même ce qui me tuera est deja dans la famille…

Je sais aussi l’importance de dire je t’aime à ceux que j’aime et de pouvoir se lover dans les bras de la confidence pour pouvoir encore avoir la force de vivre…

Je sais avoir quelques exorcistes prèt de moi…Pourquoi des exorcistes??

Parce que j’ai parfois l’impression d’être le fantôme de Mathilde…qui va expier les douleurs de Mathilde…et les miennes…

 

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2 commentaires sur « Le fantome de Mathilde »

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